Comment déculpabiliser d’être une fille normale, ou presque !

Revoir une amie d’enfance

terrassecaf.png Les beaux jours arrivent enfin, et, avec eux, les rencontres impromptues aux terrasses des cafés. Qui n’a jamais fait cette expérience de croire reconnaître à la table d’à côté un visage familier. On y va ? On n’y va pas ? Me voici face à face avec une amie d’enfance – celle dont on a encore les photos à l’âge de huit ans à notre anniversaire avec sa jolie robe et ses nattes. Et puis on n’était pas si copines que ça à l’époque…
Mais voilà, dix ans ont passé. Et visiblement elle non plus n’a pas chômé pendant toutes ces années. Je vois une petite fille courir tout autour d’elle, et remarque son ventre bien rebondie. Elle attend le second ; c’est un petit garçon. Elle accouche dans trois semaines.
La dernière fois que l’on s’est vue, on parlait mode (un peu), mecs (beaucoup) et ragots en tout genre, bien sûr, nos vingt ans oblige.
Aujourd’hui, nous voilà lancées dans des discussions sur la grossesse, les enfants, les problèmes de garde, le boulot. Bref, au cas où on l’aurait oublié, on est bel et bien devenu des adultes (pour ma part, en apparence en tout cas !). J’entends parler de tous les gens que j’ai cherché à éviter depuis tout ce temps. Elle me donne des nouvelles de tout ce petit monde, les anciens de l’école, du collège, du lycée, et j’ai du mal à me sentir concernée.
Raconter dix ans en une heure et demie, c’est artificiel et absurde.
On se dit que l’on va se revoir, que l’on a nos numéros maintenant, sachant pertinemment qu’aucune des deux ne rappellera l’autre.
La vie est ainsi faite, que l’on n’a plus de place pour le passé dans nos présents. Et c’est peut-être pas plus mal comme ça, finalement…

19 avril, 2010 à 16:06


Laisser un commentaire