Comment déculpabiliser d’être une fille normale, ou presque !

La grossesse : quelle est la c… qui a dit que c’était génial ?

Arrêtons la pensée formatée et déculpabilisons : j’ai DÉTESTÉ être enceinte !

Étrangement, lorsque je le dis haut et fort, on me regarde de travers. Alors il faut préparer le plan B, la phrase politiquement correcte. Oh mais en cherchant un peu je vais trouver, attendez : « Le bonheur de sentir ce petit être en devenir bouger en moi me procure une serenité sans équivalent connu. »
Ah, elle est pas mal, celle-là, je la garde.

Simplement, mieux vaut éviter de préciser que mes côtes se souviennent encore des coups de pied monumentaux de mon adorable bambin, que j’ai pris 30 kilos, que j’ai eu tous les effets secondaires qu’il nous soit donné d’avoir (dont certains restent encore une énigme médicale), avec pour seule réponse à mes sanglots longs : « Prenez donc du Doliprane ». Tant est si bien que lorsque je croise une boîte de paracétamol aujourd’hui, je declenche instinctivement une crise d’urticaire. Même révulsion pour le Gaviscon, qui n’a jamais rien soigné si ce n’est mon goût pour le dentifrice à la menthe.

9 mois de grossesse, p… ça a été long !
Mais enfin, on arrive au bout de l’aventure, jour J moins une semaine, et mon obstétricien m’annonce souriant et serein qu’on va finir en beauté : une césarienne. Ah, le nom est joli pourtant.
J’attends fébrilement la date convenue, avec le secret espoir qu’ils aient changé leurs méthodes depuis César… Mais en fait, pas vraiment.
Et la perfusion de Morphine, ça ne vous embête pas si je la garde, euh, disons un mois ou deux ? Non, parce que là, le gentil monsieur en blouse verte vient quand même de m’ouvrir le ventre pour en faire sortir un ballon de foot, et j’ai, comment dire, un petit peu MAL.

Oui, oui, oui… Il est magnifique mon fils. Parfait. Deux bras, deux jambes, un ravissant petit nez, parfait… Je suis comblée. Si, si, mais c’est intérieur, c’est tout. Ah, pardon, j’ai oublié de sourire sur la photo. Oui, c’est ça, on la refait. Désolée, je ne me lève pas pour vous embrasser, sinon j’ai peur de perdre un organe (ou vous mordre violemment l’oreille, juste comme ça, histoire de me calmer un peu).

Et puis, je regarde finalement dans le berceau juste à côté de moi, et à cet instant, je ne sais pas, un peu de sorcellerie hormonale sans doute, mais je m’adoucis.
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Si j’en veux un deuxième ? Mais pour quoi faire ? il est déjà parfait celui-là…

16 avril, 2010 à 15:51


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